Short Critiques

21 juillet 2013

Critique Tel père tel fils

Tel père tel fils (Compétition)

Réalisateur: Kore-Eda Hirokazy

Tel père tel fils

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis: 

Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste...

Critique: 

Le film s'intéresse à deux familles dont les enfants de six ans ont été échangés à la maternité. Bien que le sujet d'échange d’enfants a déjà été traité au cinéma  (comme dans «La vie est un long fleuve tranquille» par exemple), j’ai tout de suite été intéressé par cette histoire lors de l’annonce de la sélection Cannoise. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai découvert ce film Japonais.

Le film ne m’a pas du tout déçu. Je dois avouer que j’ai eu un petit coup de coeur. J’ai ressenti beaucoup d'émotions pendant ce film. En effet, l’empathie est très présente envers les personnages car il est difficile d’imaginer ce que nous pourrions ressentir si  il s'avérait que l’enfant que nous avons élevé pendant six ans n'était pas le notre. Il est difficile d’imaginer la réaction que nous pourrions avoir face à une telle situation. L’empathie, c’est ce qui fait la force, et l'émotion de ce film.

Le cinéaste s’intéresse en particulier à la réaction des pères. Le film ne traite pas que de l'échange d’enfant, il traite également de la paternité. D’un coté nous avons un père distant, strict issu d’une famille bourgeoise, de l’autre un père «cool» proche de ses enfants issu d’un milieu populaire et modeste. Certains diront que le cinéaste a choisi la facilité en opposant une famille bourgeoise et une famille populaire, moi je pense le contraire car les personnages sont authentiques et bien travaillés.

«Tel père tel fils» traite d’un sujet très complexe. Il montre comment nous pouvons continuer à vivre après une telle découverte. «Tel père tel fils» est tout simplement un beau film, dur et émouvant à la fois. Je ne peux que vous le recommander.

Ce film a obtenu le prix du Jury du Festival de Cannes 2013. Le prix est totalement mérité.

 

Note: 8/10

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27 juin 2013

Critique Le Passé

Le Passé (Compétition)

Réalisateur: Asghar Farhadi

Le Passé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé.

 

Critique: 

Deux ans après le succès mondial de «Une Séparation» (que je n’ai toujours pas vu), Asghar Farhadi, cinéaste Iranien,  revient avec un film se déroulant en France et tourné en langue Française.

«Le Passé» est un drame abordant avec une grande réussite le thème de la famille recomposée. Le spectateur adopte le point de vue d’Ahmad», qui arrive à Paris depuis Téhéran afin de divorcer de Marie (interprétée par Bérénice Bejo) qui décide de se remarier. 

Asghar Farhadi prend son temps pour présenter les personnages ainsi que la situation tendue de cette famille recomposée. On comprend rapidement que «Le Passé» est un film sur les conséquences des «non-dits» et sur les secrets de famille. Le spectateur est comme  le personnage d’Ahmad, il cherche à comprendre quel est le mal qui ronge cette famille. Le scénario, ainsi que la mise en scène entièrement basés sur le mystère sont d’une grande finesse. 

La principale force du film est sans aucun doute la direction d’acteur d’Asghar Farhadi. Les comédiens adultes, enfants sont tous incroyables, bluffants de justesse et de réalisme. Ce point fort pourrait paraitre surprenant quand on sait que le réalisateur ne parle pas le Français. Bérénice Bejo est impressionnante. Elle joue le rôle d’une mère dépressive, hystérique complètement dépassée par les événements qu’elle vit. Elle tient ici le meilleur rôle de sa carrière et mérite totalement son prix d'interprétation Cannois.

«Le Passé» est un drame humain intense d’une grande justesse. Asghar Farhadi distille les informations tout au long de son film et révèle petit à petit les secrets de ces personnages pour arriver à un final complètement bouleversant. «Le Passé» est une grande réussite. Gros coup de coeur.

 

Note: 9/10

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19 juin 2013

Critique A Touch of Sin

A Touch of Sin (Compétition)

Réalisateur: Jia Zhangke

A Touch of Sin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis: 

Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l'action. San'er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d'accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d'un riche client. Xiaohui passe d'un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. 

Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d'une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Critique: 

«A Touch of Sin» est un film qui s’attaque aux travers du système social de la société Chinoise. Le film montre en fait quatre histoires complètement indépendantes abordant des sujets très différents. Il n’existe aucun lien entre ces quatre histoires ce qui est regrettable. Les personnages sont différents dans chacune des histoires. «A Touch of Sin» est donc un film très politique qui remplit plutôt bien sa mission.

Cependant, le film est plutôt inégal car certaines parties sont beaucoup plus réussies que d’autres (dont une complètement ratée).

Le premier segment est sans doute le plus réussi mais aussi le plus puissant dans son message. Le cinéaste aborde, avec une grande violence, le sujet de la corruption des patrons Chinois qui exploitent la classe populaire du pays. Le film démarre sous les chapeaux roues grâce à cette première partie très réussi, superbement mise en scène, avec un message fort.

Néanmoins, le soufflet retombe rapidement avec la seconde histoire. Je n’ai pas compris l’utilité de ce segment qui nous fait suivre la vie d’une famille dont le père est un petit truand qui tue pour survivre. Il ne se passe pas grand chose. Cette partie est bien trop longue, lente et inutile.

La troisième partie nous montre la vie de la concubine d’un homme marié. Cette partie montre plutôt bien la place de ces femmes dans la société Chinoise.

La dernière partie nous montre la vie d’un jeune Chinois qui enchaine plusieurs «petits boulots» pour survivre. Cette partie sonne comme une conclusion et le cinéaste montre ainsi qu’il est plutôt pessimiste dans l’avenir social de la Chine avec une fin montrant l’absence totale de solution pour la jeunesse Chinoise. Le message est d’ailleurs plutôt fort.

Le film est superbement mise en scène. Le cinéaste apporte une grande attention au cadrage. Néanmoins l’inégalité des différents segments et la trop grande longueur du film plombent le film notamment dans sa seconde partie. Un montage plus court aurait été bénéfique au message politique du film.

Ce film a obtenu le prix de du scénario du Festival de Cannes 2013.

 

Note: 5/10

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15 juin 2013

Critique Heli

Heli (Compétition)

Réalisateur: Amat Escalante

Heli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsque celle-ci tombe amoureuse d’un  jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

 Critique: 

«Heli» est clairement un film politique. Nous comprenons rapidement que l’auteur veut ici dénoncer la corruption au Mexique mais surtout les pratiques ainsi que l’influence des cartels Mexicains.

Les intentions sont claires et intéressantes sur le papier. Néanmoins, le résultat à l’écran est très décevant. En effet, le film est bien trop lent et globalement ennuyeux. Le scénario est une sorte de coquille vide ou nous pouvons sentir de gros manques dans l’intrigue. Par exemple, comment les trafiquants ont appris que la drogue dérobée avait été cachée au domicile de cette famille? Cette histoire de famille, qui est impliquée dans le trafic de drogue malgré elle, est bien trop simpliste mais surtout trop bancale. 

De plus, le film est supposé dénoncer l’influence des trafiquants de drogue mais ils sont tout simplement absents du film. Ils ne sont présents à l’écran que quelques minutes, notamment dans une scène de torture très violente et sadique. Dans cette séquence, le réalisateur essaie maladroitement d’être provocateur et veut choquer son spectateur en montrant les tortures horribles (coups de batte, un pénis brulé à l’essence pratiquement filmé en gros plan) exercées par les trafiquants à tous ceux qui les volent ou s’attaquent à eux. Malheureusement, à part leurs méthodes de tortures inhumaines et barbares, nous n’apprenons rien sur les cartels Mexicains ce qui est regrettable vu les ambitions du film.

J’ai du mal à comprendre pourquoi le film a remporté le prix de la mise en scène car elle est selon moi maladroite tout au long du film et peu aboutie à l’exception d’une scène. En effet, il y a un très beau plan séquence quand l’épouse d’Heli découvre sa maison ravagée et que sa famille a été enlevée. Le cadrage est ici très subtil. C’est le seul moment du film ou j’ai ressenti de l’émotion pour les personnages. 

«Heli» est pour moi le film le moins abouti de la compétition Cannoise 2013. 

 

Note: 3/10

Posté par Vivien Noel à 15:53 - - Permalien [#]
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18 mai 2013

Critique Jeune et Jolie

Jeune et Jolie (Compétition)

Réalisateur: François Ozon

Jeune et Jolie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons.

Critique: 

François Ozon aborde le thème de la prostitution dans «Jeune et Jolie». Il retrouve la compétition cannoise dix ans après «Swimming pool».

La prostitution est un sujet qui a été exploité au cinéma depuis de nombreuses années. Il est donc facile de tomber dans les clichés. François Ozon évite tous les clichés du genre en excluant directement tout rapport direct entre la prostitution et l’argent. En effet, «Jeune et Jolie» raconte l’histoire d’une jeune fille de 17 ans issue d’une famille bourgeoise qui décide de se prostituer comme une expérience ou une sorte de découverte de son propre corps. Les motivations sont autres que l’argent bien que le film ne donne pas les raisons exactes qui pousse Isabelle à se prostituer.

Le film n’est absolument pas sombre. Il y a même de légères touches d’humours. De plus, Francois Ozon filme toutes les scènes «osées» avec beaucoup de délicatesses mais également sans aucune pudeur.

Le film se passe sur une année avec quatre parties bien distinctes qui correspondent en fait aux quatre saisons de l’année. Ce dispositif de mise en scène n’est pas inédit mais il est plutôt intéressant car chaque saison explore différents aspects: la découverte de la sexualité, la prostitution, le regard de ses proches, le remord.

Coté casting, Marine Vacth est excellente. Cette actrice se révèle au grand publique.

Francois Ozon évite donc le piège du film social sur la prostitution. «Jeune et Jolie» est un réussi portait d’une jeune fille qui se cherche. Ozon livre un film très sensuelle ou la prostitution est décrite comme une expérience de jeunesse. Le film n’est donc pas très moral.

 

Note: 7/10


16 mai 2013

Critique The Great Gatsby

The Great Gatsby (Film d’ouverture, Hors Compétition)

Réalisateur: Baz Luhrmann

The Great Gatsby

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Critique: 

Douze ans après «Moulin Rouge», Baz Luhrmann fait de nouveau l’ouverture du Festival de Cannes avec «The Great Gatsby». Le réalisateur Australien collabore à nouveau avec Leonardo Dicaprio 17 ans après le très moderne «Roméo + Juliette».

«The Great Gatsby» possède un casting très Hollywoodien qui colle parfaitement avec l’ambiance festive du film: Leonardio Dicaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire. Coté casting, il n’y a rien a dire, les acteurs sont tous excellents.

«The Great Gatsby» est un film visuellement époustouflant. C’est d’ailleurs le point fort du film. Baz Luhrmann exploite au maximum les effets spéciaux pour livrer un film visuellement magnifique utilisant la 3D à merveille. Le film est d’ailleurs peu être un peu trop beau. En effet, le film est une immense fête ou tout est clinquant, bling-bling. Le personnage de Gatsby a la folie des grandeurs. Baz Luhrmann exploite au maximum cet aspect de son personnage dans son style visuel. Cependant, j’ai noté de trop nombreuses similitudes visuelles avec Moulin Rouge.

De plus, les points communs avec Moulin Rouge ne sont pas que visuels. La trame narrative utilisée est identique à Moulin Rouge: une histoire d’amour vouée à l'échec, le narrateur qui raconte son histoire en écrivant sur une machine à écrire... Certes le film est une adaptation d’un roman (que je n’ai pas lu) mais les points communs entre les deux films sont trop nombreux pour être une coïncidence.

«The Great Gatsby» est une pépite visuelle impressionnante. Il manque néanmoins la finesse et l’émotion que possédait «Moulin Rouge». Cependant, «The Great Gatsby» reste un film très plaisant, festif, avec une excellente bande originale.

 

Note: 6,5/10

04 mai 2013

Critique L'écume des jours

L'écume des jours

L'écume des jours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisateur: Michel Gondry

Synopsis:

L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.

Critique: 

Michel Gondry est un cinéaste dont le style est immédiatement reconnaissable à l’écran. «L’écume des jours» n’échappe pas à la règle car dès les premières images, le style Gondry est ultra présent à l’écran.

La principale force du film est sans hésitation le style visuel du réalisateur. Michel Gondry  a un style visuel unique. Il utilise tout au long du film, comme dans ses précédents films  ou clips d’ailleurs, des effets spéciaux ou des trucages «à l’ancienne» utilisant le moins possible les effets numériques. Le film est d’une inventivité folle. Les trouvailles, les astuces visuelles sont nombreuses. Oui le film est rempli d’idées visuelles originales, déroutantes et renversantes. 

«L’écume des jours» est une oeuvre qui s’intéresse à la poésie mais également à la mélancolie de l’amour dans une ambiance totalement irréelle et fantastique. Ce coté surréaliste pourrait dérouter de nombreuses personnes. En effet, le film est un OVNI, une bizarrerie visuelle comme souvent chez le réalisateur. De plus, Gondry joue avec la photographie de son image pour coller à l’ambiance de l’histoire. Le début de film est très «joyeux» et utilise une image très colorée. La seconde partie bien plus sombre et mélancolique utilise une image bien plus sombre virant même au noir et blanc. Le résultat est très intéressant.

Néanmoins, le film souffre de son procédé narratif bien trop répétitif. Par conséquent, le film traine quelques longueurs qui auraient pu être évitées avec un montage plus court.

 «L'écume des jours» n’est pas le meilleur film de Gondry. Il est compliqué voir impossible de surpasser «Eternal Sunshine of the Spotless Mind» qui est le véritable chef d’oeuvre de Michel Gondry. Cependant, le film est visuellement éblouissant et d’une inventivité folle. Un OVNI comme je les aime.  

 

Note: 7/10

07 avril 2013

Critique The place beyond the pines

The place beyond the pines

Réalisateur: Derek Cianfrance

the-place beyond the pines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du «globe de la mort». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery se retrouvent face à face, hantés par un passé mystérieux dont ils sont loin de tout savoir…

Critique: 

Je me suis rendu à la projection de «The place beyond the pines» un peu par hasard car je n’avais vu aucun extrait du film. Je ne connaissais même pas le nom du réalisateur. J’ai juste entendu quelques bon échos critiques dans les médias. Le film est une immense bonne surprise. «The place beyond the pines» est un excellent polar. Probablement ce qu’Hollywood peut faire de meilleur dans le genre.

Malgré son rythme lent, le film est passionnant de bout en bout. J’ai été captivé de la première à la dernière scène. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un impressionnant plan séquence de plusieurs minutes.

La principale force du film est sa construction narrative. L’intrigue se compose de trois histoires indépendantes (dans le même film) se concentrant sur des personnages différents. Le film s'intéresse aux «destins croisés» des protagonistes. En effet, ces trois histoires sont reliées entres elles par un événement tragique que je ne dévoilerai pas ici. Je trouve que cette construction est brillante car entièrement basée sur cette idée de «destins croisés». Ces destins sont en plus sublimés grâce à la mise en scène.

Chaque histoire explore des thèmes différents. La première intrigue raconte l’histoire d’un cascadeur (interprété par Ryan Gosling) apprenant l’existence de son fils. Il deviendra alors un truand prêt à tout pour survenir aux besoins de sa nouvelle famille. La deuxième histoire se concentre sur un policier (interprété par Bradley Cooper) devenu un héros malgré lui. Cette seconde partie aborde les thèmes du remord, de la culpabilité et de l’ambition. La troisième histoire s'intéresse à la rencontre entre les deux fils du cascadeur et du policier. Le principal thème abordé dans cette dernière histoire est l’héritage transmis par ses parents qu’on ne choisit par forcément.

Ryan Gosling est plutôt impressionnant dans ce rôle de personnage froid. Le comédien fait une sorte de remake de Drive dans son interprétation. Ryan Gosling est un très bon acteur mais j'espère qu’il diversifiera sa palette de personnages dans le futur. Bradley Cooper est un acteur qui devient de plus en plus intéressant. Son interprétation de policier est tout simplement parfaite.

Néanmoins le casting n’est pas parfait. Le jeune comédien qui joue le fils de Bradley Cooper est en dessous du niveau général du film. C’est probablement une vraie erreur de casting qui est regrettable. Ce comédien est en sur-jeu total et devient le stéréotype de l’adolescent toxico. 

«The place beyond the pines» est un film passionnant. Derek Ciandrance réalise un savoureux mélange de polar et de mélodrame reposant sur une construction narrative brillante. C’est un pur régal.

 

Note: 9/10

26 mars 2013

Critique 20 ans d'écart

20 ans d'écart

Réalisateur: David Moreau 

20 ans d'écart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis:

Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d’une impeccable conscience professionnelle au point d’en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine « Rebelle », tout sauf son image de femme coincée. Mais lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d’Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Réalisant qu'elle détient la clef de sa promotion, Alice va feindre la comédie d’une improbable idylle.

Critique: 

Depuis plusieurs années, la comédie Française m’a beaucoup déçu avec de nombreux films très faiblards que je ne citerai pas. Il y a quand même quelques belles exceptions dans la comédie Française comme par exemple «Intouchables» qui était une comédie savoureuse ou encore «l’Arnacoeur». Je me suis donc surpris en achetant ma place (merci le printemps du cinéma) pour «20 ans d’écart».

Malheureusement, le premier tiers du film est complètement «plombé» par des incohérences scénaristiques. Par exemple, comment Balthazar arrive t-il à contacter Alice à son travail alors qu’il connait juste son prénom après leur première rencontre? De plus, les personnages ne sont pas crédibles et manquent cruellement de charisme dans cette partie du film. Les situations comiques sont également très convenues pendant cette première partie.

Néanmoins de minutes en minutes, le scénario gagne en intensité avec des situations  plutôt intéressantes et de belles idées. Les incohérences du début sont alors rapidement oubliées. Les personnages gagnent petit à petit en crédibilité et en charisme. Le duo Virginie Efira/Pierre Niney commence à fonctionner et à devenir très attachant. Le film devient alors très plaisant et plutôt drôle comme par exemple une scène de «shooting» photo qui m’a fait hurler de rire avec juste une réplique.

Certes le film utilise volontairement les petits clichés de la comédie romantique: la rencontre, la séparation, la réconciliation. Mais il les utilise de la bonne façon avec une grande tendresse ce qui fait naître de l’empathie et de l'émotion.

Malgré un début très poussif qui est regrettable, «20 ans d’écart» est une comédie romantique très sympathique, plutôt drôle avec des personnages attachants. «20 ans d’écart» respecte à la lettre les codes de la comédie romantique sans grande surprise mais il reste une comédie plaisante et légère que je recommande pour passer un agréable moment.

 

Note: 6.5/10

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18 mars 2013

Critique Le Monde fantastique d’Oz

Le Monde fantastique d’Oz

Réalisateur: Sam Raimi

Le Monde fantastique d’Oz

 

 

 

 

 

Synopsis:

Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Critique: 

Sam Raimi est le célèbre réalisateur de la première trilogie Spider-Man. Depuis Spider-Man 3 sorti en 2007 le réalisateur s’est fait très discret avec seulement une réalisation en 2009 (Jusqu’en enfer). Sam Raimi nous livre aujourd’hui une adaptation du «Magicien d’Oz» en association avec les studios Disney. Il s’agit en fait d’une préquelle au roman. Le film montre comment le magicien est arrivé au pays d’Oz. Aux Etats Unis le film a réalisé un démarrage «canon» avec pratiquement 80 millions de dollars de recette pour son premier week-end d’exploitation. Nous pouvons déjà dire que le film est un succès commercial outre Atlantique.

Commençons par le seul point négatif du film: son scénario. Oui, l’intrigue du film est bien la seule faiblesse du film, car celle-ci est trop simpliste, trop gamine. Les personnages sont très attachants et sympathiques mais ils ne sont pas développés comme ils le mériteraient et c’est dommage car il y a avait de la matière pour le faire. Le personnage d’Oz est quand même assez charismatique, il est assez ambigu, légèrement fourbe ce qui est plutôt intéressant. Concernant les sorcières nous sommes un peu dans les clichés du genre: les méchantes sorcières sont très méchantes et la gentille sorcière et «très très gentille». Mais après tout je peux aisément pardonner ce traitement un peu enfantin de l’histoire et des personnages car «Le monde fantastique d’Oz» est un film purement Disney destiné à un jeune publique. Je pense que le studio ne se trompe pas de cible.

Néanmoins, le film reste une réussite grâce à son univers visuel atypique et renversant. 

Intéressons nous d’abord au premier quart d’heure qui se déroule dans le monde réel. Same Raimi a choisi de tourner cette partie du film entièrement au format 4/3 et en noir et blanc ce qui donne un effet très étrange avec la 3D. Je pense qu’il faut saluer l’audace de Sam Raimi d’avoir osé un retour au format 4/3 dans un blockbuster Hollywoodien et surtout d’utiliser plusieurs formats d’images dans le film. En effet, dès que nous arrivons dans le pays d’Oz la couleur apparait comme par magie et nous retrouvons un format d’image traditionnel. Cette transition de format et de couleur est une excellente idée car elle amplifie la beauté visuelle de la découverte du pays d’Oz.

Intéressons nous enfin au pays d’Oz. Le pays d’Oz est tout simplement féérique visuellement. Tout y est très coloré, les décors entièrement numériques sont merveilleux.  Certains trouveront peu être que ces décors sont trop colorés et trop «kitsch». Pour moi il n’en est rien. Toute cette abondance de couleurs est pleinement justifiée pour créer cette univers féerique et magique. Le tout est sublimé par une bonne 3D qui met en valeur ces décors féériques. Le pays d’Oz m’en a tout simplement mis plein les yeux. Si l’objectif était de créer un monde fantastique, beau et féérique, le contrat est pleinement rempli.

Bien que trop simpliste et enfantin, «Le monde fantastique d’Oz» reste un excellent divertissement très plaisant comme Disney sait si bien le faire. Sam Raimi a réussi son pari de créer un monde fantastique merveilleux et purement féérique.

 

Note: 6.5/10

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